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Edimbourg 2010: Par quatre chemins, élargir le témoignage chrétien

04.06.10

 

Des pierres de la terre entière déposées sur une croix celtiqueDes pierres de la terre entière déposées sur une croix celtique

Quelques 400 délégués commémorent la première conférence missionnaire mondiale. Alors qu’en 1910, seuls vingt asiatiques et un africain avaient pris le chemin de l’Ecosse, Edinbourg 2010 est à l’image de ce qu’est devenu le christiannisme : un seul peuple multicolore, multiculturel et multilingue. Un peuple venu par quatre chemins, mais qui a maintenant son point de gravité dans l’hémisphère sud. Un peuple dont la diversité élargie constitue un défi pour parvenir à un témoignage crédible.

Dans un tel rassemblement, les moments les plus forts et émouvants sont les célébrations. On y vit ce qu’on approfondit dans les nombreuses conférences, partages et groupes de travail. Celui d’Edinbourg a été soigneusement préparé par des consultations sur neuf thèmes, sur les divers continents. La célébration initiale a permis de nouer la gerbe avec des fleurs apportées des contextes les plus variés…ou plus précisément avec des …pierres. En effet, les délégués avaient été invités à prendre avec eux une pierre de leur pays pour la déposer autour d’une croix celtique. Une croix ouverte sur les quatre points cardinaux symbolisant l’universalité du salut en Jésus-Christ, rendue visible aujourd’hui par les délégués du monde entier et de toutes les Eglises. Ce monde à prendre au sérieux dans toute sa diversité et dont on sentira la pulsation à travers les témoignages de responsables venus par quatre chemins.

Cette invitation à se centrer sur la croix du Christ est au cœur du message du pasteur Olav Tveit, le nouveau secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, lequel a cité l’appel de Jésus à l’unité - « Que tous soient un... afin que le monde croie » : « Ces paroles, dit-il, nous rappellent pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, comme autrefois. La mission et l’unité vont de pair. Etre un en Christ, c’est témoigner ensemble du Christ. Nous avons un fondement qui va plus loin que nous-mêmes, nos institutions et nos traditions. Nous avons un appel qui va au-delà nos plans ». Il rappelle ensuite que tout de suite après avoir dit ces paroles, Jésus entre dans sa passion. C’est à ceux qui l’ont trahi et abandonné que le ressuscité dit ensuite : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Et Tveit ajoute : « Ceci veut dire que s’il doit y avoir un témoignage au Christ, cela doit être un mouvement missionnaire de la croix… Le monde a besoin de disciples fidèles au Christ qui portent la croix avec amour et en solidarité avec le monde pour lequel Christ est mort ».

Tveit fut le premier à s’exprimer dans une conférence dont les dimensions dépassent largement celles des Eglises membres du COE, en représentant toutes les couleurs du peuple chrétien : catholique, orthodoxe, protestant, évangélique, pentecôtiste… Une telle diversité exprime visiblement une volonté d’élargir le mouvement œcuménique à l’ensemble du christianisme, même si, ajoute Tveit, « nous sommes aussi conscients que beaucoup de chrétiens ne se sentent pas représentés ici et nous reconnaissons humblement les limites de cette conférence ».

Le défi de l’unité entre chrétiens en vue de la mission

Pour manifester cette communion qui s’approfondit entre les divers courants chrétiens, le directeur de l’Alliance évangélique mondiale, Geoff Tunicliffe, prit la parole, également au nom du Mouvement de Lausanne, tout de suite après le pasteur norvégien. « L’agneau crucifié et ressuscité est le seul à nous unir, dans le temps et l’éternité », affirme-t-il en espérant que ce rassemblement mettra Jésus-Christ au centre, comme le thème l’affirme. Il rappelle que beaucoup de délégués venus cent ans auparavant dans cette cité étaient évangéliques. « Ils ont fait des erreurs, ils étaient enfants de leur temps et de leur culture, comme nous le sommes. Mais leur engagement et leur dévotion sont indéniables ». Quant au défi actuel, il s’agit pour « toute l’Eglise d’apporter tout l’Evangile à tout le monde », sachant qu’il y a tant de peuples qui ne l’ont pas encore entendu et que d’autres, particulièrement en Europe, ont besoin d’une re-évangélisation. Pour le relever, les Eglises doivent chercher davantage d’unité : « Nous reconnaissons avec tristesse qu’à cause de la désunion de l’Eglise, il est plus difficile pour le monde de croire en Christ ». Pour cette raison, il se réjouit des discussions récentes de l’Alliance évangélique mondiale avec les Conseils pontificaux de l’Eglise catholique, le Conseil œcuménique des Eglises et l’Eglise orthodoxe.

A la fin de la célébration, nous étions invités, à la manière des disciples d’Emmaüs, à nous promener par groupes de trois pour faire connaissance en partageant sur le thème. Un moment amical très apprécié, qui illustre que dans l’Eglise, rien ne remplace les relations personnelles. C’est ainsi que Jésus a rencontré chacun, en les regardant et en les aimant. « Donnez-nous des amis » ! Tel était le cri passionné – et mémorable – de l’évêque Azariah, de l’Inde, aux délégués occidentaux en 1910. « Nous n’avons pas seulement besoin de vos biens pour nourrir les pauvres, mais aussi de votre amour ». Si ces quelques jours permettent de construire une amitié spirituelle en Christ entre tous les délégués – et que celle-ci rayonne ensuite par quatre chemins - l’Eglise ne sera-t-elle pas mieux en mesure de répondre aux attentes de notre monde ?


Site internet de la conférence Edimbourg 2010

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